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Sur mandat du Secours suisse d'hiver, des scientifiques de la Haute École spécialisée de service social de Berne (HES) ont procédé, au cours de l'année 2001, à une analyse approfondie des principes de fonctionnement, des prestations et des effets à longue échéance de l'aide accordée par le Secours d'hiver. En procédant à un tel audit élargi – puisqu'il contient également des comparaisons avec d'autres œuvres d'entraide –, la HES fournit une contribution remarquable à la recherche sur l'aide sociale privée en Suisse. L'étude, appuyée par le Fonds national de la recherche scientifique, comprend de précieuses indications quant au développement futur du Secours d'hiver.
La rupture du couple: une des principales raisons des difficultés financières Les bénéficiaires du Secours d'hiver sont représentatifs des «nouveaux pauvres» de notre pays: familles monoparentales, familles avec enfants, chômeurs, assistés, rentiers AI. La proportion de femmes dépasse la moyenne. L'état sanitaire de ces personnes est moins bon que celui de la moyenne de la population. Elles sont nombreuses à se plaindre de sérieux problèmes de santé. Les raisons qui prévalent parmi celles expliquant leurs problèmes financiers sont, en ordre décroissant: une séparation récente du couple (divorce), une rente ou une assistance sociale insuffisante(s), leur situation de travailleurs pauvres (working poors), la maladie ou le chômage. Près de 40 pour cent des bénéficiaires du Secours d'hiver reçoivent déjà une aide de l'assistance sociale publique, près d'un quart on droit à une rente AI ou AVS, mais ces allocations se révèlent insuffisantes lorsque des dépenses aussi incontournables qu'imprévues deviennent nécessaires. Il en découle que l'intervention ponctuelle du Secours d'hiver joue un rôle subsidiaire, mais indispensable, par rapport aux versements de l'assistance publique ou aux rentes.
Degré de satisfaction des bénéficiaires L’aide accordée correspond presque toujours à celle demandée. Par conséquent, la plupart des bénéficiaires sont très contents du soutien obtenu de la part du Secours d'hiver. Ils mentionnent notamment la rapidité avec laquelle leur demande a été traitée et l'accueil sympathique que leur ont offert les collaboratrices et collaborateurs du Secours d'hiver. Les sondés indiquent une amélioration partielle de leur situation générale grâce à l'appui obtenu, considérant généralement ce dernier comme suffisant. Il est toutefois intéressant de constater que le soulagement émotionnel est mieux apprécié encore que l'aide matérielle obtenue. Cela démontre le rôle central que joue l'aspect moral du soutien accordé. Or, force est de constater que la durabilité de l'aide ponctuelle consentie par le Secours d'hiver n'est pas très élevée; du moins, c'est ce qui ressort de la majorité des réponses. Les personnes interrogées ont très peu de connaissances quant au Secours d'hiver. Avant d'avoir obtenu son aide, les trois quarts d'entre elles ne savaient même pas que le Secours d'hiver accordait également de l'aide sociale individuelle. Bizarrement, pour la majorité, cet état de fait ne s'améliore même pas après avoir obtenu de l'aide, mais ce manque d'information semble porter sur l'aide sociale privée dans son ensemble. D'une manière générale, les personnes démunies sont particulièrement mal informées concernant leurs droits et leurs possibilités face aux assurances sociales et aux institutions créées pour leur venir en aide.
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D’importantes différences entre les organisations cantonales La disparité d'une organisation cantonale à l'autre s'explique par l'évolution historique propre à chacune. Leur structure est, dans la majorité des cas, centralisée administrativement au niveau cantonal; une minorité disposent d'une organisation décentralisée avec des antennes locales. Quelques organisations cantonales rémunèrent leurs secrétaires alors que leurs comités sont constitués de bénévoles. D'autres encore ne s'accommodent que d'un montant forfaitaire pour les besoins de leurs secrétariats ou bénéficient carrément de secrétaires travaillant à titre gracieux. Dans plusieurs cantons, les secrétariats du Secours d'hiver sont intégrés dans des offices à vocation similaire de l'administration étatique ou communale. Cette disparité, loin d'être un handicap, permet – selon l'avis des collaboratrices de la HES à l'origine de l'étude – de disposer d'antennes particulièrement bien adaptées aux particularités des régions. Les disparités entre les organisations cantonales sont plus accentuées encore en ce qui concerne leur manière de procéder et le genre de prestations offertes. Ainsi, 17 organisations proposent des séances de consultations personnalisées alors que 10 n'en ont pas. Plus de la moitié d'entre elles reçoivent les demandes de secours aussi bien directement des personnes concernées que par l'entremise d'une autre institution. Quelques-unes n'acceptent que les requêtes leur parvenant par l'intermédiaire d'autres institutions d'aide sociale. La plupart des organisations cantonales acceptent de soutenir également les personnes qui reçoivent déjà des subsides de la part de l'assistance sociale, une minorité s'y refuse. Cette dissemblance des directives et des critères déterminant l'acceptation ou le rejet des demandes a pour conséquence une inégalité, selon les cantons, de l'accès au soutien du Secours d'hiver.
Une réaction rapide et non bureaucratique Par comparaison aux autres œuvres de bienfaisance déployant leurs activités partout en Suisse, le Secours d'hiver est celle qui reçoit le plus grand nombre de demandes d'aide. Son public cible, toujours par rapport à celui d'autres institutions comparables, est particulièrement vaste. Il ne connaît pas de restrictions telles que les connaissent des œuvres plus spécifiques, comme par exemple Pro Senectute (personnes âgées) ou Pro Infirmis (personnes infirmes). De surcroît, le Secours d'hiver dispose d'une offre particulièrement large de prestations (en nature, conseils, soutien de projets) et ne se contente pas de fournir uniquement une aide en espèces à l'instar de bon nombre d'autres organisations. La procédure de soumission et de traitement des demandes est très différente d'une œuvre d'entraide à l'autre. Or, le Secours d'hiver se distingue par sa rapidité de réaction et son absence de toute bureaucratie. Aussi appartient-il aux organisations dont le nombre de critères d'exclusion est particulièrement faible. De ce fait, l'aide peut être personnalisée et mieux adaptée aux besoins individuels.
Un résumé de l'étude est mis à votre disposition gratuitement sous forme de fichier pdf, sa version intégrale – qui n'existe qu'en langue allemande – peut être obtenue au prix de Fr. 30.– à l'adresse suivante: Hochschule für Sozialarbeit (HSA) Bern, Herr Raymund Gehrig, Postfach 6564, 3001 Bern; tél. 031 302 60 24; courriel: raymund.gehrig@hsa.bfh.ch.
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